Indexation de loyer à l’ILAT : vérifier le calcul, connaître ses droits, négocier au bon moment

Mis à jour le : 24 mars 2026
Leosquare Chasseur de Bureaux

Votre bailleur vient de vous envoyer un nouveau montant de loyer. Avant de payer, voici comment vérifier son calcul en moins de 5 minutes.

L’ILAT, c’est quoi exactement ?

L’Indice des Loyers des Activités Tertiaires (ILAT) est l’indice de référence qui s’applique aux baux de bureaux, de locaux de services et des professions libérales. Il est publié chaque trimestre par l’Insee, avec une base 100 fixée au 1er trimestre 2010.

Sa formule de calcul repose sur trois composantes : 50 % d’inflation + 25 % d’indice du coût de la construction + 25 % de croissance du PIB.

Si vous occupez un bureau dans le cadre d’un bail commercial, c’est très probablement cet indice ILAT qui s’applique à votre révision de loyer, et non l’ILC (réservé aux activités commerciales et artisanales) ni l’ICC (un indice historique qu’on ne peut plus utiliser comme référence de révision triennale pour les baux conclus ou renouvelés depuis septembre 2014).

Comment calculer la révision de son loyer ?

Une seule formule s’applique, qu’il s’agisse d’une indexation annuelle prévue au contrat ou d’une révision triennale :

Loyer indexé =
loyer en cours × (dernier indice ILAT / indice de référence)

Les deux indices sont des valeurs ILAT publiées par l’Insee, exprimées sur le même trimestre de référence, séparées d’un an (pour une indexation annuelle) ou de trois ans (pour une révision triennale).

Loyers à l’ILAT en 2026 : ça baisse

Au 3e trimestre 2025, l’ILAT s’établit à 137,07 et enregistre une baisse de 0,04 % sur un an, après une hausse de +0,51 % au trimestre précédent. Insee C’est un signal inhabituel : depuis plusieurs années, l’indice évoluait à la hausse, porté par l’inflation et la hausse des coûts de construction. Un loyer de bureau indexé sur cette période voit donc mécaniquement son montant baisser au moment de la révision, même légèrement. Si votre bailleur vous a appliqué une hausse sur la base du T3 2025, son calcul mérite d’être vérifié.

Ce qu’il faut vérifier avant de valider le nouveau loyer

Avant de contrôler le calcul, ouvrez votre bail et identifiez trois informations :

L’indice prévu au contrat : C’est lui qui s’applique, pas forcément l’indice « logique ». Si votre bail mentionne l’ILAT, c’est l’ILAT. Si le bail est ancien et mentionne l’ICC, il peut encore être valide pour une indexation contractuelle.

Le trimestre de référence : C’est le piège le plus fréquent. Votre bail précise-t-il un trimestre fixe (ex. « 3e trimestre ») ? Ou vise-t-il « le dernier indice publié » à la date de révision ? La réponse change les valeurs à utiliser.

La base de loyer utilisée : Le calcul s’applique sur le loyer HT/HC. Vérifiez que votre bailleur n’a pas intégré des charges dans la base de calcul.

2 pièges classiques à détecter dans la révision de votre bailleur

Le mauvais trimestre. Si votre bail impose un trimestre fixe mais que votre bailleur a retenu le « dernier indice publié » (ou l’inverse), le résultat sera faux. Vérifiez que les deux indices comparés portent bien sur le même trimestre, décalé d’un an.

La période de variation trop longue. Le Code monétaire et financier le précise : est réputée non écrite une clause qui prendrait en compte une variation d’indice sur une période plus longue que la durée séparant deux révisions. En clair, si votre loyer est indexé chaque année, la comparaison doit porter sur un an, pas sur deux.

Exemple chiffré : révision annuelle d’un loyer de bureau (ILAT)

Voici un cas concret :

  • Loyer actuel : 1 00 000 €/an HT HC
  • ILAT 2024 T3 : 137,12
  • ILAT 2025 T3 : 137,07

Calcul : 100 000 x (137,07 / 137,12) = 99 964 € / mois

Dans ce cas, l’indice a très légèrement baissé entre les deux trimestres : le loyer révisé est donc inférieur au loyer de l’année précédente. Si votre bailleur vous annonce une hausse sur la même période, le calcul mérite d’être contesté.

Vérifiez votre loyer ILAT en quelques secondes avec notre simulateur

Plutôt que de faire le calcul à la main, utilisez directement notre simulateur de révision de loyer. Il vous suffit de renseigner :

👉 Votre loyer de signature (ou actuel)
👉 Date de prise d’effet de votre bail
👉 Votre indice ILAT de référence (pré-calculé)
👉 Date de révision souhaitée

Le simulateur applique instantanément la formule officielle et vous donne le loyer révisé exact. Vous pouvez ainsi comparer le résultat à ce que vous a adressé votre bailleur, et identifier immédiatement tout écart.

Plafonnement et déplafonnement : ce que votre bailleur peut légalement vous demander

C’est souvent là que les désaccords naissent. Votre bailleur vous annonce une hausse qui dépasse largement la variation de l’ILAT ? Voici le cadre légal exact pour savoir si cette demande est fondée.

Le principe : la révision triennale est plafonnée

La révision triennale du loyer est en principe plafonnée : elle ne peut pas dépasser la variation de l’ILAT pour les locaux de bureaux. C’est ce que pose l’article L145-38 du Code de commerce.
Concrètement : si l’ILAT a progressé de 3 % sur la période, votre bailleur ne peut pas vous imposer une hausse supérieure à 3 %, sauf à justifier d’un motif de déplafonnement.

Les cas où le bailleur peut demander un déplafonnement

Le déplafonnement est possible dans les situations suivantes, selon l’article L145-34 du Code de commerce :

Modification des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné une variation de plus de 10 % de la valeur locative.

Durée du bail supérieure à 9 ans lors du renouvellement

Tacite reconduction au-delà de 12 ans : si le bail a été prolongé sans que le locataire n’ait accompli les démarches de renouvellement, le déplafonnement s’enclenche automatiquement et le bailleur est en droit de fixer un loyer correspondant à la valeur réelle du bien. Si vous occupez vos locaux depuis plus de 12 ans sans renouvellement formalisé, votre situation mérite d’être vérifiée.

Locaux à usage exclusif de bureaux : si votre bail porte sur des locaux à usage exclusif de bureaux, le déplafonnement peut s’appliquer de plein droit au renouvellement, indépendamment de toute modification de commercialité.

La preuve incombe au bailleur

Le déplafonnement peut conduire à une augmentation plus importante du loyer, mais il reste soumis à l’appréciation du juge en cas de contestation. La charge de la preuve des éléments justifiant le déplafonnement incombe à la partie qui s’en prévaut, généralement le bailleur.

Pour la révision triennale spécifiquement, le bailleur doit démontrer que la modification des facteurs locaux de commercialité a entraîné une variation de plus de 10 % de la valeur locative. Une simple hausse des prix du marché ne suffit pas : il faut une modification matérielle et documentée.

La demande de révision doit être transmise par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte de commissaire de justice, avec mention du montant du nouveau loyer proposé. Une révision communiquée par simple email ou sans détail du calcul n’est pas conforme à la procédure.

Le « plafonnement du déplafonnement » : la protection instaurée par la loi Pinel

Même dans les cas où le déplafonnement est justifié, la loi Pinel du 18 juin 2014 instaure un mécanisme de lissage. L’article L145-34 alinéa 4 du Code de commerce prévoit une limitation annuelle de 10 % à l’augmentation du loyer découlant du déplafonnement, pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 1er septembre 2014.

En pratique : si la valeur locative réelle justifie une hausse de 40 %, votre bailleur ne peut pas vous l’appliquer d’un coup. L’augmentation est étalée, avec un maximum de 10 % par an.

L’échéance de votre bail approche ? Une opportunité à saisir

Si vous avez signé un bail commercial, à prioi vous avez une porte de sortie tous les 3 ans. Sauf si vous avez renoncé à une échéance triennale.

L’approche d’une échéance de bail est l’une des rares fenêtres dans la vie d’un bail où le rapport de force entre preneur et bailleur se rééquilibre naturellement. Beaucoup d’entreprises la laissent passer en se contentant de valider (ou contester) le calcul de leur bailleur. C’est souvent une erreur. Chez Leosquare, nous accompagnons de nombreuses entreprises a tirer partie de de moment.

Votre loyer est-il encore en ligne avec le marché ?

Les références locatives évoluent. Un loyer signé il y a 3, 6 ou 9 ans peut être aujourd’hui significativement au-dessus des valeurs de marché pour une surface et un secteur comparables, ou à l’inverse, refléter un marché qui a depuis progressé. Sans connaissance des transactions récentes réalisées dans votre zone, il est impossible de savoir si votre loyer actuel est juste, et donc si vous négociez depuis une position de force ou de faiblesse.

La mission « Stay or Go » : connaître ses options avant de négocier

Chez Leosquare, nous accompagnons les entreprises qui arrivent à une échéance triennale ou à un renouvellement de bail avec une question simple : rester ou partir, et à quel prix ?

Cette mission repose sur une analyse des alternatives disponibles sur le marché (offres comparables, surfaces disponibles, conditions obtenues par d’autres preneurs) croisée avec une lecture précise de votre situation contractuelle. L’objectif n’est pas nécessairement de déménager. C’est de négocier avec des arguments concrets, et non à l’aveugle.

Connaître le marché, c’est la condition pour obtenir une franchise de loyer, une prise en charge de travaux, un réajustement de loyer, ou des conditions plus favorables sur la prochaine période.

Pourquoi faire appel à un conseil spécialisé comme Leosquare ?

Un bailleur professionnel connaît les valeurs de marché. Il sait ce qu’il peut obtenir d’un autre preneur si vous partez. Si vous arrivez à la table de négociation sans cette même information, vous négociez à l’aveugle.

Un conseil spécialisé en immobilier d’entreprise apporte les références locatives récentes, la connaissance des pratiques du marché (franchise, travaux, paliers de loyer) et la capacité à formuler une demande crédible et documentée. Chez Leosquare nous avons obtenu de très belles conditions de renouvellement de contrat pour nos clients (. Nous travaillons uniquement au succès en % des économies obtenues pour vous.  Dernièrement nous avons négociés une remise de 25% sur le loyer de l’un de nos clients, générant pour lui 500 000€ d’économies par an !

Vous approchez d’une échéance triennale ou d’un renouvellement de bail ? Contactez nos équipes pour un premier échange sur votre situation locative. Nous vous aidons à évaluer vos options et, si vous le souhaitez, à conduire la renégociation face à votre bailleur.

👉 Prendre contact avec Leosquare

Vérifiez la valeur de votre loyer révisé

Grâce à notre simulateur de révision de loyer, vous obtenez la valeur de votre loyer réviser sous l’indexation ILAT. Il vous suffit de renseigner :

👉 Votre loyer de signature (ou actuel)
👉 Date de prise d’effet de votre bail
👉 Votre indice ILAT de référence (pré-calculé)
👉 Date de révision souhaitée

FAQ : vos questions sur l’indexation ILAT

Mon bailleur a utilisé l'ILC au lieu de l'ILAT pour mon bureau. Est-ce correct ?

Non. L’ILC s’applique aux activités commerciales et artisanales. Pour un bureau ou une activité tertiaire, l’indice adapté est l’ILAT. Si votre bail ne précise rien, c’est l’activité réellement exercée dans les locaux qui détermine l’indice applicable.

Mon bail mentionne l'ICC. Est-il encore valable ?

L’ICC peut encore être utilisé dans une clause d’indexation contractuelle (clause d’échelle mobile). En revanche, il ne peut plus servir de référence pour la révision triennale des baux conclus ou renouvelés depuis septembre 2014.

Mon loyer peut-il baisser après indexation ?

Oui. Si l’indice ILAT recule entre le trimestre de départ et le trimestre d’arrivée, le loyer révisé est mécaniquement inférieur au loyer actuel, à condition que la clause du bail fonctionne dans les deux sens.

Quel trimestre ILAT dois-je utiliser ?

Celui indiqué dans votre bail. En l’absence de précision, la méthode courante consiste à retenir le dernier indice publié à la date de révision.

Mon bailleur peut-il déplafonner mon loyer de bureau sans justification ?

Non. Sauf si la durée du bail dépasse 9 ans, si la tacite reconduction a excédé 12 ans, ou si votre bail porte explicitement sur des locaux à usage exclusif de bureaux, le déplafonnement doit être justifié par une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné une variation de plus de 10 % de la valeur locative. La preuve lui incombe.

La hausse issue d'un déplafonnement peut-elle être illimitée ?

Non. Même en cas de déplafonnement justifié, la loi Pinel plafonne la hausse à 10 % par an pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er septembre 2014.

À quel moment contacter Leosquare pour une renégociation ?

2 à 3 mois avant la date butoir de votre préavis. Pour un bail commercial ça correspond généralement à 8 à 9 mois avant l’échéance. Cela nous laisse le temps d’analyser le marché, d’identifier des alternatives et de construire une position de négociation éclairée.

Leosquare, votre meilleur allié immobilier.

Nous trouvons votre bureau idéal et négocions les meilleures conditions.

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