Télétravail ? Un vrai bénéfice accordé aux salariés ou technique
des entreprises pour réduire les charges ?

Télétravail : une pratique qui se démocratise

Aujourd’hui, le télétravail est un terme qu’on entend plus que fréquemment, souvent associé au «home office» ou encore au coworking. Bien que son essor soit relativement lié à l’évolution de nos technologies, il existe pourtant depuis plus de quarante ans déjà. Alors à quoi est-il lié, combien de salariés aujourd’hui y ont-ils accès ? Et à quelle fréquence ? Qui sont ces entreprises qui en font bénéficier leurs collaborateurs ? Mais est-ce d’ailleurs véritablement un avantage pour les travailleurs ? On a passé le sujet au peigne fin.

Pratique et télétravail

Comme relaté ci-dessus, la mention du télétravail date déjà des années soixante-dix. C’est un sociologue américain, Alvin Toffler, qui fait part dans son livre «Le choc du futur» du fait de pouvoir travailler de chez soi. Ce n’est que quelques temps après que Jack Nilles, chercheur associé du Centre de Recherche sur le Futur en Californie du Sud, étudiera plus profondément le sujet et le nommera donc «teleworking».

Toutefois, le véritable essor de cette pratique se manifestera dans les années 90, période au cours de laquelle Thierry Breton proposera la définition suivante : «une modalité d’organisation ou d’exécution d’un travail exercé à titre habituel, par une personne physique, dans les conditions suivantes : d’une part, ce travail s’effectue à distance, c’est-à-dire hors des abords immédiats de l’endroit où le résultat de ce travail est attendu ; en dehors de toute possibilité physique pour le donneur d’ordre de surveiller l’exécution de la prestation par le télétravailleur ; d’autre part, ce travail s’effectue au moyen de l’outil informatique et/ou des outils de télécommunication, y compris au moyen de systèmes informatiques de communication à distance : des données utiles à la réalisation du travail demandé et/ou du travail réalisé ou en cours de réalisation». Dans la foulée, en 1999, les chercheurs Kurland et Bailey relèvent avant tout la notion de flexibilité temporelle et spatiale et définissent succinctement le télétravail comme le fait de travailler depuis n’importe quel endroit, n’importe quand : «Work anywhere, anytime».

Ces dernières années, le télétravail fait l’objet de nombreuses études. Par exemple, en 2018 l’étude Michael Page et Page Personnel met en lumière sa progression de 11 % en à peine un an. Si on entre dans des chiffres plus précis, on notera que cette même année, 38 % des salariés français ont ainsi déclaré avoir la possibilité de travailler de chez eux, contre 27 % en 2017. Ils ont même de plus en plus fréquemment recours à cette solution flexible puisqu’ils sont désormais 44 % à télétravailler au moins deux fois par mois contre 31 % en 2017.

Le télétravail d’aujourd’hui

En France, c’est vraiment depuis les dix dernières années que le télétravail se développe de plus en plus. Il faut avant tout savoir que désormais sa pratique est véritablement simplifiée. En effet, il n’est plus nécessaire de modifier le contrat de travail pour permettre à un salarié de télétravailler. Cette pratique peut être mise en place par l’un des 3 procédés suivants :
– par un simple accord avec le salarié, que celui-ci soit oral, par email, courrier, etc
– par un accord collectif
– par une charte élaborée par l’employeur, après avis du comité social et économique, s’il existe.
Dans tous les cas, si il y a refus de l’employeur pour qu’un salarié pratique le télétravail, ce choix doit dûment expliqué.

Ainsi, actuellement selon une enquête Ifop menée en début d’année 2019 pour Malakoff-Médéric-Humanis, 29% des employés ont déjà télétravaillé. Parmi ces télétravailleurs français, la plupart s’avère être des salariés dont l’âge est compris entre 35 et 49 ans, dont la majorité sont cadres. Ils sont 68% à choisir leur domicile, contre seulement 16% préférant les espaces de coworking. Selon les derniers chiffres de la Dares, le service statistique du ministère du Travail, seulement 3% des Français télétravaillent régulièrement, c’est-à-dire au moins un jour par semaine. Ainsi, la majorité des actions de télétravail se revendiquent par une pratique occasionnelle, soit quelques jours par mois, voir uniquement en cas de grève, de conditions météo exceptionnelles ou de travaux dans les locaux.

Si jusqu’à aujourd’hui le télétravail a semblé un atout majeur utilisé en faveur des salariés, désormais sa pratique, si elle devient systématique et trop fréquente, est parfois controversée. Intéressons-nous justement à la conclusion de l’étude du cabinet Monar pour Polycom faite en 2017 : «le télétravail, outil de productivité et de lien social ?».

Entre intérêt des salariés et celui des entreprises

De nos jours, la possibilité de télétravailler est utilisée comme levier d’attractivité par les entreprises. Les salariés bien souvent y voient une opportunité de «liberté» offrant un accès plus favorable à un meilleur équilibre vie pro/vie perso. Cependant, à ce sujet deux points de vue s’opposent quant à l’organisation du travail et organisation managériale. Il y a ceux pour qui le télétravail favorise l’autonomie, la confiance et la performance ; et ceux pour qui le télétravail est devenu un moyen d’exploiter le salarié en le faisant travailler n’importe où, n’importe quand.

Un réel avantage pour les travailleurs ?

Comme mentionné plus haut, l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle d’un télétravailleur est en premier lieu plus qualitatif grâce à la plus grande flexibilité horaire que la pratique lui confère. Par exemple, la réduction voire la suppression du temps de trajet domicile-travail permet de gagner en temps pour soi (sommeil, pratique d’une activité, temps en famille…) ce qui forcément, aura un impact positif sur le mental et la motivation du salarié. De surcroît, le télétravail favorise aussi la réduction du stress qui peut être lié à l’environnement de travail : environnement potentiellement plus calme, pas de supérieurs à proximité, échanges généralement planifiés… Une étude réalisée en 2017 par Polycom, spécialiste de la visioconférence, démontre que la confiance et la liberté conféré aux télétravailleurs les incitent plus à travailler et leur permet de s’épanouir professionnellement.

Toutefois, comme mentionné à l’instant, les télétravailleurs se sentent bien souvent “obligés” de travailler plus. Mauvaise gestion du temps par distractions liées à l’environnement de travail ou charge de travail ressentie alourdie par volonté de démontrer que l’on a suffisamment travaillé, en sont les principaux facteurs. En conséquent, une évaluation menée par l’Insee dans le cadre d’une publication dédiée à « L’économie et la société à l’ère du numérique » (édition 2019), révèle qu’ils n’en tirent donc pas une meilleure conciliation avec leur vie personnelle, les horaires de travail étant plus flous et parfois bafoués. Cette évaluation révèle aussi que le télétravail n’est pas nécessairement lié à une plus grande autonomie opérationnelle. A titre d’exemple, les délais pour correspondre avec ses collaborateurs, organiser un projet ou résoudre des incidents sont généralement plus longs.

Intérêt des entreprises

Les entreprises optant pour le télétravail sont assez souvent les plus grosses. Si 60% de ces structures voient en premier lieu l’avantage d’améliorer l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle des collaborateurs, elles sont 51% ont la volonté de voir leur productivité augmenter et 54% à s’intéresser à la réduction des coûts que cela peut engendrer (étude Blurring « Quand le professionnel et le privé se confondent » menée en 2018 sur 1792 répondants).

Effectivement, le dernier critère n’est pas sans rappeler la mise en place des open-spaces ou du flex-office. Ces aménagements répondent tous 2 à une logique financière qui n’est autre que de gagner des mètres carrés. Selon les aménageurs de bureaux, avoir un poste personnel coûte trop cher. On délocalise donc de manière plus ou moins ponctuelle les travailleurs de sorte à ce que l’absentéisme dans les locaux permette le desk sharing (partage de bureau). Selon Frédéric Miquel, directeur général de Khardam, société de conseil et d’aménagement d’espaces, les entreprises usent de ces pratiques comme storytelling, elles font miroiter l’image des startup californiennes et leur créativité, des relations managériales apaisées, d’un sentiment de liberté pour les collaborateurs, avec baby-foot à la clé et mobilier hybride entre l’habitat et le bureau. Enjeux écologiques, enjeux financiers et enjeux sociaux… Entre avantage pour le salarié et avantage pour l’entreprise la balance est sensible et le sujet s’avère être une source intarissable d’échanges. L’équilibre idéal ne résiderait-il pas tout simplement dans l’usage de la pratique avec modération ?

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